«Ils commencent à prendre le rythme français» : première rentrée scolaire pour les enfants ukrainiens

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La centaine d’enfants de l’école Louis Pergaud à Aubergenville dans les Yvelines a fait leur rentrée ce jeudi 1er septembre. MLM / LE FIGARO

REPORTAGE – Alors que la guerre en Ukraine s’enlise, 20.000 enfants ukrainiens ont pris le chemin de l’école française pour la première fois.

«On y va ? C’est parti ? Vous êtes prêts à travailler ?» Marion accueille jeudi 1er septembre ses nouveaux élèves, répartis entre le CP et le CE1. Sous un lever de soleil radieux, une centaine d’enfants se retrouvent après deux mois de vacances dans la cour de l’école Louis Pergaud à Aubergenville, dans les Yvelines. Dans un enthousiasme généralisé, armés de leurs cartables colorés, ils se mettent en rang. Une petite fille brune reste en retrait. Elle se tourne vers sa mère, qui la rassure rapidement avant de la pousser des deux mains vers l’institutrice. D’un geste de la main, elle lui fait un «au revoir» les yeux encore imbibés de larmes. Diana traîne des pieds puis retrouve les petites chaises qu’elle connaît déjà.

Les enfants se mettent en rang pour retrouver leur classe. MLM / LE FIGARO

En avril dernier, au lendemain de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, la petite fille quittait le Donbass pour atterrir dans cette ville rurale des Yvelines, près de Mantes-la-Jolie. Accompagnée de sa mère et de sa grand-mère, Diana a eu beaucoup de mal à s’acclimater au rythme français. «Elle s’enfuyait, pleurait très souvent rien qu’à la vue de deux aimants bleu et jaune», se souvient Marion, qui était déjà son institutrice au printemps. Pour cette année, les défis sont nombreux : maîtriser des mots de base en français et trouver un équilibre dans cette nouvelle vie qui lui est imposée. «Et elle n’est pas toute seule !» Dans cette école primaire où évoluent une centaine d’écoliers, onze sont ukrainiens. Deux découvrent les bancs de l’école pour cette rentrée, les autres sont arrivés pour la fin de la dernière année scolaire.

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«La Ville a préféré les rassembler dans le même établissement scolaire, afin de faciliter les cours d’apprentissage du français», explique Véronique Verré, la directrice. Tous les après-midi, les onze enfants, âgés de 6 à 12 ans, quittent leur classe respective et se réunissent dans la salle informatique avec une professeure spécialisée. Comme eux, sur les 100.000 réfugiés ukrainiens accueillis sur le territoire, un cinquième sont des enfants scolarisés pour la rentrée 2022.

«Solutions de la débrouille»

À quelques mètres de la salle de classe de Diana, Eva et Theodor s’accrochent pour suivre l’exercice proposé par l’institutrice de CM2. «Vous allez devoir remplir cette carte d’identité avec vos informations, votre nom, prénom, adresse et nationalité». Un exercice qui va permettre à la nouvelle institutrice de mieux connaître ses élèves, notamment les deux petits nouveaux qui ne sont pas familiers des documents administratifs français. Chacun est aidé de plusieurs planches sur lesquelles sont inscrites des bases de vocabulaire en français et ukrainien. Arrivée en avril dernier, Eva a appris quelques mots. «Je suis venue à l’école avec ma petite sœur», glisse-t-elle en souriant, avec un accent ne laissant aucun doute sur sa patrie natale. Originaires de Kiev, elle, sa mère et la petite Leonie ont laissé leur père, leur maison et leur vie ukrainienne derrière elles. «Elle s’est plutôt bien acclimatée, remarque la directrice. Elle s’est ouverte aux autres.»

20.000 enfants ukrainiens sont scolarisés en France en 2022. MLM / LE FIGARO

À sa gauche, Theodor vient, lui, d’arriver en France. Perdu pendant l’exercice sur la carte d’identité, il parle tout seul en ukrainien, donnant vie aux petites images devant lui. Ses yeux bleus sont rieurs, il semble encore ailleurs. Puis, d’un sourire, il tente de prononcer «école», en faisant un important effort pour bien articuler. Essayant de créer un contact avec le jeune garçon, l’institutrice lui demande d’où il vient. Face à un nom de ville inconnu, elle lui tend le téléphone avec une carte dessus. En un coup de doigts, il s’éloigne de la France, se dirige rapidement vers l’est de l’Ukraine et s’arrête sur Soumy, à 35 km de la frontière russe. Le petit garçon ne s’arrête pas là, il continue de zoomer pour montrer sa rue et son ancienne maison.

Des fiches traduisant des mots de tous les jours en ukrainien aident les petits expatriés à se faire comprendre. MLM / LE FIGARO

«On ne sait presque rien sur ce qu’ils ont vécu, déplore la directrice, qui souhaite offrir le meilleur cadre possible pour ces enfants meurtris. On connaît simplement la ville ou la région où ils ont grandi.» D’après les informations qu’elle a récoltées au compte-gouttes, aucun des enfants n’a connu la guerre de près. Ils n’échappent toutefois pas au stress de quitter son pays criblé de bombes, ses repères, des membres de sa famille pour rejoindre une nouvelle patrie qui ne partage ni la même langue ni le même alphabet. Pour les professeurs et la directrice, l’année s’annonce chargée. «On s’adapte au niveau de chacun, conclut Marion. C’est ça notre métier.»

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